Laurence Bartoletti, mars 2010
Diplômée en Histoire et Histoire de l'Art
Musée des Arts décoratifs
www.lesartsdecoratifs.fr
L’œuvre d’Ulysse Renaud se conjugue à tous
les modes, tonique, décapant, humoristique et poétique.
Sa peinture et sa sculpture peuvent s’inscrire entre violence
et passion, combat et triomphe, joie et tragédie. Si Ulysse
Renaud montre les choses simples de la vie, il voue une fascination
pour les figures humaines, mais surtout pour les femmes, la Femme qu’il
couche sur la toile, entre expressionnisme et réminiscences
de Picasso. Faussement naïve mais puissamment colorée,
souvent soulignée de traits bleus ou noirs, sa peinture encense
les multiples images du corps de la femme, rêvées ou vécues
et exhibe cette éternelle dualité, entre l’aimée
et celle que le peintre aime à considérer comme une emmerdante
ou une bourgeoise. Le corps féminin et son langage constituent
la ligne conductrice de son œuvre plastique. Les instantanés érotiques
qui s’en échappent sont comme des manifestes nécessaires à son
existence. Si les seins de la femme ou ceux de l’être aimé incarnent
originellement la fécondité, la femme maternelle ou la
mère nourricière, ils sont toujours l’irrésistible objet
du désir et d’exaltation. De manière obsessionnelle,
le peintre a peint presque tous les Fragments du discours amoureux,
de l’invitation à l’amour, Alors tu viens le
matelas bleu attend, en passant par l’irrésistible
envie du désir ou à Oui oui… c’est
bon. Le sujet en est intarissable.
Alors, laissons-nous porter au gré de cette déambulation
ou ballade créative de ce discours, car le bonheur est
bel et bien dans le pré…
Préface de l'exposition : Ulysse Renaud clin d'oeil
sur 30 ans de peinture, 2010 Marciac
